Actualité

 

Sixièmes Rencontres Flottes Automobiles : les flottes au rendez-vous

 
Dans un environnement fiscal, économique et légal changeant, les flottes ne cessent d’évoluer alors que les prestataires multiplient les offres de services. Face à ce constat, les Rencontres Flottes Automobiles se veulent une occasion unique, pour les responsables de parc, d’esquisser des stratégies et de bâtir des politiques d’avenir. Le bilan de l’édition 2017.

Sixièmes Rencontres Flottes Automobiles : les flottes au rendez-vousLe constat s’est imposé aux premières heures d’ouverture du salon : l’affluence lors de cette édition 2017 a dépassé celle des années précédentes. Un motif de satisfaction pour l’équipe organisatrice, certes. Mais pas seulement. Du côté des entreprises et des collectivités, ce nombre croissant de visiteurs traduit la prise de consciente grandissante des enjeux liés à la flotte.

Sans oublier les implications légales, comme l’a démontré la récente loi de modernisation de la justice avec la désignation des conducteurs responsables d’amendes. Alors que le véhicule en parc se veut non seulement un outil de travail et de gratification du collaborateur, mais aussi un facteur de productivité et de sécurité au quotidien.

Les stands de prestataires, encore plus nombreux cette année, étaient là pour accompagner la réflexion des visiteurs autour de ces problématiques. Un rôle partagé avec les tables rondes auxquelles ont participé des professionnels, des experts des flottes et des prestataires.

L’actualité mise en débat

23 ateliers ont ainsi ponctué la journée. Axés sur les solutions de gestion de flotte, certains ont offert aux prestataires de mettre en avant leurs nouveautés. Plus orientés sur les débats et le partage d’expertise, d’autres ont apporté aux visiteurs des éclairages sur des thèmes d’actualité.

Cela a été le cas des tables rondes consacrées aux amendes, une préoccupation pour de nombreux professionnels en ce début d’année. Un débat a ainsi réuni des professionnels et des prestataires aux côtés de Laurent Wallet, architecte fonctionnel CA PVe au sein de la direction technique de l’Antai. L’objectif : renseigner un public nombreux sur les possibilités, en cours ou à venir, d’automatisation du traitement des amendes.

Rappelons que pour l’instant l’Antai automatise les envois d’avis et les règlements d’amendes uniquement avec les propriétaires de flotte, loueurs ou entreprises, à la tête de plus de 1 000 véhicules, ou par le biais des gestionnaires pour compte et éditeurs de logiciels.

Avec un écueil : ce sont le plus souvent les loueurs qui déclarent les véhicules auprès de l’Antai et établissent des conventions. Difficile pour les autres acteurs d’obtenir une convention pour ces véhicules, à moins que les loueurs acceptent de les « déréférencer » auprès de l’organisme.

Les amendes, stars de 2017

Les annonces faites par le représentant de l’Antai ont permis d’envisager une alternative à cette situation. L’organisme va très bientôt ouvrir un espace internet pour que les responsables de parc puissent désigner les conducteurs.

Autre évolution, cette fois à prévoir d’ici juin, un système de mise en « concurrence de plaque » par l’Antai : « Dans notre base de données, pour l’envoi des avis de contravention, nous focaliserons les recherches sur les entreprises qui désignent les conducteurs », a indiqué Laurent Wallet.

Dernier changement annoncé, la possibilité, prévue pour juin, que les envois des avis de contravention se fassent par e-mail et non plus par courrier. Ces e-mails pourront être fournis par les entreprises ou bien aux forces de l’ordre par les contrevenants arrêtés sur la route.

Et tandis que les modifications légales sur les amendes bousculent les habitudes, les évolutions fiscales y participent également. Les changements de TVS, bonus-malus ou des règles d’amortissement sont réguliers et anticipés par les gestionnaires de flotte. Sur le long terme, « les avantages fiscaux sont de plus en plus complexes à obtenir et les sanctions de plus en plus fortes », a résumé lors d’une table ronde Xavier Dange, avocat associé spécialiste de la fiscalité pour le cabinet Ernst & Young.

Norme IFRS16, la grande inconnue

Mais prochainement, une autre modification d’ordre comptable pourrait bouleverser les habitudes. Ce sujet encore peu évoqué tient dans un acronyme : l’IFRS16 pour International Financial Reporting Standards 2016. Une norme de comptable qui, si elle est adoptée par l’Union européenne, entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2019.

Le consultant Robert Maubé, animateur de l’un des débats consacrés à la fiscalité, a résumé les conséquences de cette norme : « Tous les actifs et toutes les obligations résultant des contrats de location simple relatifs à des biens qui ne sont pas de faible valeur (soit plus de 5 000 euros) ou de très courte durée (12 mois) apparaîtront désormais dans le bilan consolidé des preneurs. »

Une véritable rupture avec ce qui se pratique jusqu’à aujourd’hui, comme l’a rappelé le consultant : « L’achat en propriété d’un véhicule s’inscrit à l’actif du bilan. Si cet achat est financé par un emprunt, les montants à rembourser s’ajouteront au passif du bilan. Il apparaîtra donc une dette. Avec le crédit-bail, il ne peut pas y avoir d’inscription à l’actif du bilan car le véhicule reste propriété du bailleur jusqu’à la fin de la période de financement. En revanche, les montants à rembourser apparaîtront dans les engagements hors bilan de l’entreprise puisqu’il y a dette. »

Robert a poursuivi : « Jusqu’à présent, la LLD n’était pas considérée comme un engagement et n’était pas consolidée avec les dettes ou les engagements hors bilan. Nombre d’entreprises la privilégiaient donc pour alléger leurs bilans et leurs engagements, ceci afin d’augmenter leur capacité d’emprunt et leur valorisation. C’est cet avantage essentiel de la LLD qui disparait à compter de 2019. »

Un basculement pour les flottes

La norme IFR 16 pourrait donc apporter des changements notables aux bilans financiers des entreprises. « Il y a encore un an pour réaliser toutes les simulations », a complété Xavier Dange, même si des assouplissements seront prévus pour la transition entre les deux systèmes.

Cette norme pourrait-elle contribuer à diminuer l’attrait pour la LLD ? Les entreprises vont-elles se tourner à l’avenir vers l’achat et devoir prendre en charge la revente de leurs véhicules ? La question de la valeur résiduelle deviendrait alors un enjeu pour nombre d’entre elles.

Ce thème de la valeur de revente, comme celui des frais d’entretien, appartiennent à ces sujets transversaux à de nombreux débats. La restitution a notamment été abordée au cours d’un échange consacré à la maintenance prédictive, avec la présence de Julien Pouymayon, responsable QSE et logistique d’Avenel, une PME familiale spécialiste des installations électriques, à la tête de 300 véhicules.

Cette table ronde a exploré les services des prestataires pour mieux informer les entreprises autour du calendrier de maintenance de leurs véhicules. Au travers du témoignage de Julien Pouymayon était aussi évoqué le recours aux informations de la télématique embarquée pour améliorer la connaissance de la conduite des salariés et adapter les maintenances pour chaque véhicule.

Les notions de valeur de revente et de valeur résiduelle sont aussi apparues au cours des débats sur les énergies d’avenir, autre thématique phare de cette journée. Une question qui concerne aussi bien les flottes privées que publiques.

Les flottes publiques s’imposent

Jean-Paul Houssier, chargé de mission au service technique des transports automobiles de la ville de Paris, et Olivier Valenchon, adjoint de la cheffe de la mission interministérielle parc automobile (MIPA) de l’État, ont ainsi livré leurs expériences au cours de la table ronde consacrée aux mutations du secteur public.

Pour ces deux gestionnaires, un constat s’impose : la multiplication des modèles propres, tout particulièrement électriques, préconisée par l’État pour les flottes publiques, s’accorde avec des pratiques comme l’autopartage, qui amènent à réduire la taille d’un parc – autre objectif de l’État.

Dans une ville comme Paris, les véhicules électriques en autopartage sont conduits pour des parcours de 45 à 50 km aller-retour. De quoi conforter leur intégration alors que d’autres motorisations font leur apparition. C’est vrai de l’hydrogène que la mairie de Paris teste actuellement. Ces véhicules feront-ils demain une entrée massive dans les flottes ? En matière d’énergie, difficile de prédire l’avenir…

Électrique, hydrogène et pourquoi par GNV ou GPL… Là encore, les tables rondes offraient un bilan d’étape sur l’intérêt de ces motorisations et leur avenir. « Le poids des pouvoirs publics est déterminant pour développer ces énergies alternatives, mais il faut aussi faire évoluer les esprits et s’appuyer sur les infrastructures de recharge nécessaires pour ces carburants », a souligné Jean-François Bélorgey, partner au sein du cabinet Ernst & Young, au cours de la table ronde prospective sur les énergies utilisées par les flottes en 2027.

De quelle manière ces facteurs vont-ils influer sur la répartition des différentes énergies dans les flottes de demain ? L’avenir réservera sans doute des surprises. Reste une certitude : les Rencontres Flottes Automobiles ne manqueront pas de suivre ces tendances au plus près !

Actualités

Ils ont exposé en 2017